Nous Button sur Benjamin

Publié le par baline

L'Etrange histoire de Benjamin Button

Imaginez un certain B.Pitt, de trois quart, Ray Ban provocantes reposant sur son nez parfait,  sur une magnifique goelette année 60 toute rutilante de bel acajou et de bômes dorés, juste ce qu'il faut alangui avec sa main sculpturale posée sur un safran que le sel n'a pas corrompu ...


Quelques minutes élyséennes, à la croisée des temps inversés...(!) que tout le monde attend et qui valent pour le reste du film.

Cela vous suffit et vous exempt d'aller voir le reste.

C'est-à-dire en réalité un bien long hiatus romantico-aventuro-historico-pathétique qui va des magnifiques années de l'enfance (laideur, cruauté, saleté, apprentissages ratés etc.) aux joies des temps calmes de la sage vieillesse et des couches revenues...

Heureusement, une idée subversive vient fouetter et désépaissir le sirop : tiens et si on inversait le temps et que l'on mettait un peu d'altérité-amoureuse-inscrite-dans-le-temps-de-tout-le-monde pour faire tourner le moulin lacrymal ??

Les échéances, inaugurales et terminales, restent cependant les mêmes : mort, déchéance, absence, renoncement mais quand même des bonheurs lumineux qui sont d'autant plus douloureux qu'ils ne peuvent durer, et non...

Les atmosphères sont quelquefois réussies (un hotel crépusculaire en Russie et une passade amoureuse pleine de mystère avec une belle femme riche...des marins ivres et virils aux coeurs tendres et la guerre, la guerre broyeuse de destins...et un certain B.Pitt sur une belle H Davidson vintage, les chromes aussi miroitants que ses beaux yeux ) mais ce n'est dû qu'aux moyens de décors et d'effets spéciaux.

Ah si un certain B.Pitt, à la croisée des temps inversés, lorsqu'il est encore plus beau d'avoir renoncé à son amour par sacrifice (il est profondément altruiste en plus d'être physiquement bien pourvu) parti pour l'Orient (pas avec la goelette), seul, le regard perdu dans le soleil déclinant derrière les nobles berges du Gange...

Un mélancolique aventurier intrépide qui rajeunit et revient plus beau encore.

De toutes façons même vieux il était (sera, mon dieu la métaphysique du tempus fugit m'étourdit violemment) déjà beau. Et très gentil aussi.

Une romance un peu rance, regorgant de parfaits clichés et d'images sophistiquées qui prennent le spectateur aux pièges des grands sentiments.

Un mélange de sous-Genet et de Retour vers le futur glam.

Et  l'abscence hélas de la verve de Terry  Giliam qu était prévu au départ pour adapter cette nouvelle fitzgéraldienne.
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Publié dans Cinéma

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